Des Lausannois, parents depuis mars 2010

A la base, nous nous étions préparés pour un accouchement à domicile  avec la sage-femme qui a assuré le suivi global de ma grossesse. Nous  avons cherché une doula afin de relayer le papa pendant l’accouchement  à la maison. Nous voulions qu’il puisse “faire une pause” s’il en  ressentait le besoin, qu’il puisse sortir sans me laisser toute seule.  Bien sûr, je comptais aussi sur la doula pour me soulager pendant le  travail par des moyens naturels (massages notamment). Grâce à elle,  nous avons pu pratiquer le chant prénatal en guise de préparation, en  complément à des discussions autour de la naissance.

Au terme d’une  attente sans aucun souci majeur, l’accouchement a commencé au petit  matin par la perte des eaux teintées de méconium. Tout ne s’est pas passé pas comme nous l’avions souhaité car les contractions étaient  irrégulières, trop espacées et pas assez efficaces malgré tous les  moyens mis en oeuvre pour les accélérer. Nous tenions notre doula au  courant par téléphone et elle était prête à nous rejoindre chez nous  au moment où nous le souhaitions. Nous avons passé toute la matinée et  le début de l’après-midi à essayer de faire avancer le travail, mais  sans succès. Comme le liquide était toujours teinté et que rien ne se  passait, la sage-femme a décidé un transfert à la maternité. Avant  ceci, notre doula, qui est pleine de ressources, m’a fait encore des  massages aux huiles essentielles et de l’acupressure. Nous avons  beaucoup apprécié qu’elle ait été prête à nous accompagner dans cet  accouchement malgré les changements: à l’hôpital plutôt qu’à domicile  puisque c’était nécessaire.

Après un transfert, sans urgence aucune, nous avons annoncé à  l’hôpital que notre doula était notre accompagnante pour la naissance  et que nous souhaitions sa présence à nos côtés et nous avons demandé  que, au minimum, elle puisse rester avec moi dans les moments où le  papa s’absenterait. Dans notre cas, c’était tout à fait possible et sa  présence – discrète et tellement utile – n’a jamais été remise en  question par lepersonnel soignant. Le fait que les soignant-e-s nous  aient vu si bien accompagnés à travers ce très long accouchement a  certainement joué en notre faveur quant à nos souhaits de moindre  intervention. Nous avons eu beaucoup de marge puisque je “tenais le  coup” beaucoup mieux que si j’avais été seule lors de cette très  longue naissance. La doula m’a vraiment réconfortée et encouragée,  tout comme mon mari mais d’une autre manière, sans jamais prendre trop  de place. La préparation de l’accouchement avec une doula a été complémentaire  de celle faite avec la sage-femme car elle ne touchait pas forcément  aux mêmes aspects.

Avoir recours à une doula nous a permis de nous  interroger sur les aspects émotionnels de la naissance et de l’arrivée  du bébé. Cela nous a permis de mieux définir nos besoins et nos  attentes autour de ce moment. Le jour de l’accouchement, et surtout  pendant la longue nuit d’attente, la doula a été un soutien psychologique immense et elle nous a aussi rendu quelques services  bien concrets à l’intérieur même de la maternité (où les sage-femmes  sont très occupées avec de nombreuses tâches et plusieurs patientes).  Après la naissance, la doula est encorepassée à notre domicile et  avec elle nous avons pu “débriefer” de notre expérience en trouvant  une écoute compréhensive. Nous avons apprécié sa disponibilité, ses  ressources, ses encouragements, sa présence discrète mais efficace, toujours.


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